Le Varroa destructor est une espèce d’acarien qui parasite les abeilles adultes ainsi que leurs larves et leurs nymphes. Il est originaire de l’Asie du Sud-Est où il vit aux dépens de l’Apis cerana (l’abeille asiatique), qui, à l’instar des abeilles européennes, ne résiste pas bien à cette attaque du parasite. Depuis les années 70, le varroa a fait son apparition en Europe et en France, ravageant les ruches et étant l’une des causes principales de leur effondrement, au moins au niveau de l’autre cause connue : les pesticides. Dans ce sujet, voyons ce que produit ce parasite et quelles sont les solutions de traitement qui, malheureusement pour l’apiculteur, sont quelque chose de récurrent dans les saisons.

Comment détecter le varroa dans les ruches d’abeilles ?

On peut connaître une infestation par les varroas de différentes manières :

  • Avec ceux résiduels au démarrage de la saison,
  • Suite au développement du couvain (notamment en raison de la météo),
  • Par les ré-infestations de voisinage,
  • En raison de la « capacité hygiénique » de la colonie d’abeilles.

Trois méthodes différentes de collecte du varroa sur les colonies d’abeilles sont utilisées pour échantillonner leur présence (et en particulier les femelles qui sont un eu plus grosses et brunes que les mâles). Il s’agit du lavage à l’alcool, du pot d’éther et des kits de test sur planche adhésive que vous pouvez acheter dans une pharmacie vétérinaire spécialisée dans le traitement.

Le lavage à l’alcool pour le varroa

Le comptage par lavage à l’alcool est un excellent moyen de détecter les varroas phorétiques, qui sont présents sur les abeilles adultes. Cette méthode vous permet de suivre l’évolution de ces créatures nuisibles dans votre colonie et de savoir quand il est temps d’intervenir.

Pour cela, il faudra utiliser ce que l’on appelle un Varroa EasyCheck dans lequel on verse l’alcool pour atteindre le fond du panier blanc présent dans la boîte en choisissant un cadre de couvain. On le place ensuite dans la colonie en vérifiant l’absence de la reine (des séries de mouvement pour récolter les abeilles sont nécessaires). On prélève ensuite un échantillon (de 200 ou de 300 abeilles). Après avoir fermé le couvercle, on peut ainsi secouer la boîte pour compter in fine le nombre de varroas tombés dans le fond.

alcool pour abeilles

Il convient dès lors de contacter un vétérinaire si ces indications sont dépassées :

Comment observer les résultats ? 
Période de dépistage à l'alcoolSeuil d'alerte
Mars-avril2 varroas soit 1%
Fin mai6 à 9 soit 3%
Fin juillet - début aoûtSupérieur à 6 à 9 varroas (plus de 3%)
Fin août - septembre en l’absence de traitement d'été1 varroa 0,5%)

Le pot d’éther pour la détection

Pour compléter ce sujet, la détection peut se faire également grâce à un pot d’éther. Le processus est d’ailleurs relativement similaire au précédent. Si le test révèle plus de 0% de varroas au printemps, il pourra être utile de passer par un traitement à l’aide d’acide formique, de thymol ou d’acides β du houblon (en particulier si l’infection est sévère puisque ce sont en soi des pesticides de synthèse). Contactez votre vétérinaire pour le choix du traitement (varromed ou autre).

Les kits de tests pour le dépistage

Ils sont finalement assez nombreux sur le marché à l’attention des apiculteurs. Outre le produit sus-mentionnés, c’est bien l’œil de l’apiculteur qui permettra ici de distinguer les verroas sur les abeilles.

abeilles de ruches

Que faire ensuite ? Quel traitement ?

Le vétérinaire qui vous accompagne dans l’évolution de vos ruches est assurément la personne à contacter prioritairement afin de faire des choix adaptés sur les traitements. Pour des renseignements techniques sur les produits que vous envisagez, en tant qu’apiculteur, d’acheter, songez également à demander de l’aide à une pharmacie vétérinaire en ligne compétente. Elle pourra vous fournir des indications sur la notice des produits.
On pense ainsi particulièrement à Apivar (des laboratoires Vetopharma), qui sont des lanières particulièrement adaptées pour l’ensemble des ruches. Le procédé est relativement simple à mettre en place et le traitement se fait sur plusieurs semaines.
Varromed, déjà cité plus haut dans l’article, permet également de fournir des doses adaptées (pourvu que l’on n’abuse pas dans son usage) de principes actifs comme l’acide formique et l’acide oxalique dihydraté. Dans tous les cas, les abeilles (la reine et les autres), sont des insectes fragiles de la nature qu’il convient de soigner en prenant des précautions.

C.S.